La force de l’optimisme

Être plus optimiste, c’est développer ta capacité à rebondir après un coup dur, c’est améliorer ton humeur lorsque survient des difficultés et c’est aussi un moyen de concrétiser et même surpasser ton potentiel. Les études l’ont prouvé, il est tout à fait possible d’acquérir les compétences de l’optimisme afin d’avoir une meilleure qualité de vie. Ça vaut le coup d’essayer, non?

Si tu es vite découragé, si tu es déprimé plus souvent que tu aimerais et que tu as été victime de trop d’échecs à ton goût, l’optimisme c’est pour toi.

« ON RÉAGIT À L’ADVERSITÉ D’ABORD PAR LA PENSÉE. »
Martin Seligman

Quand tu es déçu d’un résultat d’examen, quand tu fais une erreur au bureau ou quand tu bouffes tes émotions, la première réaction se produit dans ta tête et peut ressembler à des  : ” Ha! Misère, quelle honte! Comment j’ai fait pour avoir une note pareille. J’ai fait tellement d’erreurs niaiseuses. ” ou “Ha non, je me suis trompée, je suis tellement tête en l’air. Mon patron va être en beau fusil”. Ce genre de pensées a des conséquences car elles conditionnent tes sentiments et tes comportements. Tes pensées vont faire que tu te sentiras abattu ou au contraire, que tu passeras à l’action de façon positive.

1 – OBSERVE TES PENSÉES ET NOTE-LES DANS UN JOURNAL DE BORD

Et oui, il va falloir travailler un peu car rien ne vient tout seul, mais rassure-toi, ce n’est rien d’éreintant et c’est pour le mieux.

Note dans les prochains jours des situations difficiles ou fâcheuses. Met-toi en mode observation, écoute sans jugement et sans rien modifier ni embellir.

Alors, tu inscris les rubriques suivantes pour chaque difficulté :
– Adversité
– interprétation
– Conséquence
– Réfutation
– Issue 

Voici un exemple : 

ADVERSITÉ (reste objectif, sans jugement et descriptif) : Mon mari devait donner le bain aux enfants, mais quand je suis rentrée, il ne l’avait pas fait. De plus, les enfants regardaient la télévision, il se faisait tard et avaient de l’école le lendemain.

INTERPRÉTATION (Tu interprètes sans parler de tes sentiments ni de tes émotions) : Pourquoi ne fait-il pas ce que nous avions convenu? Les laver, c’est pas compliqué et c’est pas trop demander il me semble! En plus, je vais passer pour la méchante quand je vais les retirer de la télé. Je suis une mauvaise mère. Je ne suis pas assez présente pour eux. J’aurais dû être là!

CONSÉQUENCE (sentiments) : J’étais vraiment en colère. Je lui ai lancé ses 4 vérités. Je ne peux jamais lui faire confiance pour quoique ce soit. Il brise toute la routine. Les enfants seront brûlés demain pour l’école et ça va être la crise encore. J’ai fermé la télé et claqué la porte… voilà! J’ai passé pour la méchante!

C’EST  À PARTIR DE MAINTENANT QUE TU ANALYSES
ET RECONDITIONNES TES PENSÉES. CONTINUE D’ÉCRIRE!

2 – LA DISTRACTION

Comme les idées pessimistes hantent souvent l’esprit, à COURT TERME, il peut être bénéfique de déplacer ton attention sur autre chose : on peut bricoler, sculpter, dessiner, écrire, peindre, coudre, jouer à un jeu de patience, etc. Tu peux aussi t’écrire STOP à l’intérieur de ta main pour te rappeler de faire attention à tes pensées. Un bracelet peut aussi agir comme rappel. Peu importe le moyen. Prenez celui qui vous parle.

3 – LA RÉFUTATION

Beaucoup plus efficace à LONG TERME et durable, tu remets en cause la pensée en la contredisant. Réfuter permet de s’éloigner de l’interprétation pessimiste et de l’attitude défaitiste. Si on continue l’exemple précédent, réfuter pourrait ressembler à ceci :

RÉFUTATION : Doucement! J’exagère un peu là. Ce soir, il ne l’a pas lavé les enfants, oui … mais c’est lui qui s’est occupé d’eux la semaine dernière et ça s’est bien passé. Je peux compter sur lui la plupart du temps et il est très présent pour s’amuser avec eux. Il n’a pas la même façon d’agir que moi, mais cela ne veut pas dire que TOUT ce qu’il fait est mauvais. De plus, il n’était pas si tard que cela alors c’était tout de même une heure respectable pour se coucher. Après discussion, j’ai compris qu’il avait eu une dure journée et que les devoirs avaient été très difficiles. Il avait besoin d’un moment de répit. On s’en tire très bien. 

ISSUE : Je me sens beaucoup mieux maintenant que nous avons pu discuter. J’ai pu me calmer et j’ai demandé pardon et mon conjoint a fait de même. Je ne me laisserai pas décourager. Si jamais les enfants font une crise, j’aborderai la situation en temps voulu.

4 – PRENDRE DU RECUL

Les interprétations que tu fais d’une situation sont le fruit des croyances que tu as cumulées au fil des années. C’est ta façon propre de voir les choses … Ton interprétation ne correspond pas nécessairement aux faits réels.

Prends donc du recul par rapport aux critiques produites par ton cerveau. Souvent, elles sont sans fondement car elles proviennent d’expériences négatives de la vie : exigences excessives des parents, jalousie d’un proche, dureté d’un instituteur.  Commence alors à douter de tes interprétations habituelles. 

5 – FAITS À L’APPUI

Si tes pensées veulent te pousser à croire que tu es une mauvaise mère, trouve des faits qui démontrent le contraire et encore mieux, écris-les :

« Arrête tu es une bonne mère. Tu es là pour tes enfants et ces derniers t’aiment. Tu fais tout pour les soutenir : tu es là pour eux lors des devoirs, tu es présente aux cours d’équitation de ta fille et elle adore que tu la regardes, tu les cajoles à tous les soirs avant de dormir, tu joues avec eux aux jeux de société qu’ils aiment, etc. » Les preuves qui contredisent les scénarios catastrophes que l’on se créent sont souvent nombreuses.

6 – EXPLICATIONS DE RECHANGE

Trouve d’autres causes que toi vis-à-vis du problème. « Rare sont les événements qui n’ont qu’une seule cause. » La fatigue, la pression exagérée au bureau, les exigences trop élevées ou la difficulté de concilier travail/famille sont d’autres causes qui font que tu n’as pas à TOUT mettre sur ta faute.

7 – DÉDRAMATISER

« Parfois, l’idée négative que l’on se fait de soi a un certain fondement de vérité. » Vous pouvez alors vous dire pour dédramatiser : ” Bon, il est vrai que ce soir, les choses n’ont pas été comme je l’aurais souhaité et que, étant fatiguée, j’ai un peu débordée de colère. Et alors! Je ne suis pas une mère ou conjointe coupable ni marâtre pour autant.”

8 – EST-CE UTILE CETTE PENSÉE?

Bien sûr, la vie est parfois injuste. Toutefois, souligner sans cesse ces injustices dans ton esprit ne te fera que du mal. Poses-toi alors la question : est-ce que cette pensée négative est utile? Si non, détourne ton attention de la question ou encore, « énumère tous les moyens dont tu disposes pour modifier la situation à l’avenir. »

Mets tout en œuvre pour contester les reproches et les idées négatives que tu cogites dans ton esprit contre toi et ne te surresponsabilise pas de tout ce qui arrive. Prends un nouveau chemin, celui de l’optimisme. Ne te décourage pas. Certaines journées tu réussiras, d’autres non. C’est comme ça l’apprentissage. Tu ne deviens pas pianiste du jour au lendemain. Changer ses habitudes et reconditionner son cerveau prends aussi du temps. Et puis alors, nous sommes tous en construction! 

Allez, au travail !

Source : Martin Seligman. 2008. La force de l’optimisme. Pocket Évolution, p. 265 à 300.

Martin Seligman est l’un des pionniers du mouvement de psychologie positive. Il est le fondateur et le directeur du Centre pour la psychologie positive.

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