Tracer votre propre voie : sortir des sentiers battus et dévier de la norme

Faire comme tout le monde parce que ça toujours été comme ça. En ne remettant rien en question, je m’assure de ne pas provoquer et de ne pas déranger. Je suis en sécurité, mais à quel prix?

J’ai toujours tenu pour acquis que ma vie devait être comme tout le monde : métro, boulot, dodo. Depuis que j’ai une fille, le rythme est infernal : réveil, déjeuner, lunch, course pour arriver à l’heure à l’école, travail, entrainement, chercher ma fille à l’école, devoirs, préparation du repas, vaisselle, bain, ramasser un peu, m’échouer quelques minutes, yoga, dodo… et je recommence.

Des fois, mon coeur s’emballe : « Quelle vie de fou! Ça juste pas de bon sens.». Puis, la raison prend tout de suite le relais : « Tout le monde est dans cette situation, ce n’est pas si pire. De toute façon, je n’ai pas le choix, c’est comme ça, je n’y peux rien, c’est ça la vie aujourd’hui … ».

« Monique Mercure (comédienne) m’avait donné un conseil très important : ne sois pas si obéissante. Je l’ai écoutée … mais ce n’est pas facile, parce qu’obéissante, je l’ai toujours été! » (Castel, 2016, 163).

Camouflage

owl-1576572_1920

C’est une sécurité de suivre les règles, de se camoufler dans la masse. Sauf qu’il y a un problème : chacun a ses couleurs et quand on les enfouit au plus profond de nous, elles se débattent comme un taureau pris dans une cage avant un rodéo. Même si tu veux les effacer, ton arc-en-ciel de couleurs réapparaîtra à chaque pluie et se mélangera au beau temps.

Au lieu de te sentir mal en dedans, fais ressortir tes couleurs! Pas obligé de tout changer du jour au lendemain. Un rêve, ça peut se construire par petits pas : en prenant des informations sur le sujet, en parlant à ceux qui ont déjà construit un rêve similaire, en te collant à ton intérêt ou en suivant une formation.

Faire comme tout le monde, c’est une bonne façon de risquer de passer inaperçu. Mais le plus grand risque, c’est de ne jamais être véritablement soi-même, un humain qui pense » (Chaput. 2006, 15).

Suivre une recette

cookbook-761588_1920

Je ne sais pas si c’est à cause de Google (où on y trouve toutes les réponses à nos questions), si c’est à cause de l’école (où on nous enseigne des théories, des méthodes et où on apprend des trucs par coeur), si c’est à cause du travail (où on suit des cahiers de procédures et des normes) ou si c’est à cause de l’alignement des astres, mais j’ai souvent cherché à ce que quelqu’un me dise quoi faire et comment le faire. Une fois que je le sais, me voilà partie.

Avec le temps, j’ai perdu mon instinct, mes idées,
ma façon unique de penser pour me joindre à un moule.
Penser comme tout le monde et faire comme tout le monde
pour ne pas passer pour une originale, une tout-croche, une marginale.

« De nos jours, on dirait que la cuisine [comme beaucoup de choses] est devenue intellectuelle. Il faut absolument qu’il y ait une recette écrite quelque part, un comment! On perd l’intuition qui, elle, vient des émotions! On perd le pourquoi de la cuisine : semer du bonheur avec son instinct! […] Combien d’autres domaines sont devenus trop souvent intellectuels, logiques, rationnels, alors qu’ils auraient avantage à être plus émotionnels… » (Chaput. 2006, 74).

Utiliser son gros bon sens, ça se perd. C’est détrôné par la règle, la norme, la directive. « La tête nous enseigne de ne rien accepter qui pourrait dévier de la norme! (Chaput. 2006, 81).

Entourée de négatifs, je me protège, je suis raisonnable

christmas-2411764_1920

Hésitez vous à parler de vos rêves à vos proches? Avez-vous peur qu’ils les trouvent ridicules, impossibles ou irréalistes? Même avant d’avoir essayé de les réaliser, êtes-vous découragés? Est-ce que vous les gardez enfouis, mais rêvez à combien il serait extraordinaire de les réaliser? Si vous en parlez ne serait-ce qu’à une seule personne avec l’enthousiasme qui fait enfin renaître les étoiles dans vos yeux et que cette personne est comme le boulier ci-haut, négative et rabat-joie, votre boule se colle à ces énergies négatives et vous fait bondir de désenchantement.

« On détruit l’enthousiasme avec ces raisonnements et ces mises en garde que l’on distribue à qui mieux mieux! Quelqu’un arrive avec un Wow! fantastique dans un bureau et lance à ses collègues ou à son patron : “Eh! je viens d’avoir une commande extraordinaire…” Et en un rien de temps, il se fait démolir, on lui crie : “Énerve-toi pas. Ta commande n’a pas encore été acceptée par le service du crédit. Elle ne sera pas approuvée.” Pauvre gars. On vient de lui couper avec une seule petite phrase son enthousiasme. Parce qu’il faut être raisonnable et, surtout, ne pas s’exciter! Cette façon d’agir est transmise aux plus jeunes. On les force tout petits à être raisonnables. […] On dit non trop facilement! Alors que oui est la porte ouverte pour essayer quelque chose. Où est le plaisir quand on nous submerge d’interdits? » (Chaput. 2006, 43-44).

Retrouver son coeur d’enfant

girls-3005705_1920Lorsque je suis devenue une adulte et une mère surtout, j’ai jeté ma boîte à spontanéité. J’ai essayé de suivre toutes les règles afin que mon enfant soit le mieux possible et pour être une mère plus que parfaite, un modèle exemplaire.

« Mon âme d’enfant frétillante se régalait de voir tourner les manèges et croquer les pommes d’amour. Je me serais damnée pour des churros au chocolat » (Giordano. 2017, 116). Lorsqu’on devient trop adulte, on se retient … voyons, je ne suis plus une enfant…. Comme lorsqu’on dit à un enfant de 5 ans : « Voyons ne joue plus avec ce jouet, c’est un jouet de bébé ». Pourquoi?!! La peur nous guide (peur que notre enfant fasse rire de lui ou peur que notre enfant n’évolue pas selon la norme prescrite). Il est écrit sur la boîte 12 mois et plus … après 2 ans, tire-moi ce jeu aux objets à donner. On ne peut plus jouer avec… Pourquoi? Je dis le contraire : si ça t’amuse, alors joue. Peu importe l’âge qui est écrit sur le jeu, si tu as du plaisir, c’est ce qui importe. 

« [On] m’avait suggéré ça. D’arrêter d’être trop adulte. De me laisser davantage aller […] essayer de me reconnecter à mon enfant intérieur, cette partie de moi ludique et créative trop souvent bridée par mon moi adulte responsable et un brin rabat-joie. Contre toute attente, je m’amusai. Et le visage heureux de mon fils valait toutes les récompenses. Comblé dans son besoin de jeu et de présent, il se coucha sans faire d’histoires » (Giordano. 2017, 116).

Être marginale

Au lieu de faire comme tout le monde, soyons marginale. « J’ose encore vous inciter à devenir tous des marginaux. Attention! Je ne parle pas d’anarchie, loin de là! Je n’incite personne à contrevenir aux lois, mais de grâce, tentons de nous affirmer dans toute notre unicité. Ayons un esprit critique! Les humains sont loin d’être des p’tits pois Canada de fantaisie numéro 3, tous de la même grosseur, de la même couleur et le même goût. Nous sommes tous uniques! Pourquoi avoir toujours en tête le “Fais-le donc, tout le monde le fait?”» (Chaput. 2006, 12).

Trouver un sens à sa vie qui nous est propre. « Je le sentais : ma vie avait un sens malgré tous les hauts et les bas, malgré les virages à angle droit! Elle n’avait pas été conditionnée par la façon d’agir et de penser des autres ». (Chaput. 2006, 14).

J’ai trouvé du sens qui va à l’encontre des règles

La règle non écrite, qu’est-ce qu’elle nous dicte : va à l’école, idéalement à l’université et trouve toi une bonne job dans une grande entreprise, fais de l’argent, paye-toi ce que tu veux, aie des enfants et une maison, puis arrose tout cela d’une crème-retraite, le plus tôt sera le mieux, pour enfin te relaxer de cette course folle.

Après m’être beaucoup questionnée, j’ai finalement trouvé ce que je souhaite le plus comme voiture pour me conduire dans le chemin de la vie :

Son moteur sera composé de rencontres humaines et d’échanges. Aider les gens à ma modeste façon et contribuer au mieux-être d’une communauté me fera avancer.
Sa carrosserie : Travailler en équipe, coopérer et ouvrir avec courtoisie les portes aux autres.
La pédale d’essence : Faire de l’argent pour vivre, mais pour vivre seulement, sans superflu.
La pédale de frein : Ce que disent les autres et les gens négatifs … mais je reste motivée et concentrée sur mes motivations, sur mon moteur.

 

Rénover sa vie c’est cesser de suivre les règles et les chemins tout tracés
C’est revenir à vos rêves et à vos passions
C’est redonner au coeur et aux émotions leurs places
Au lieu de laisser toute la scène à la logique pure et à la raison.

 

BIBLIOGRAPHIE

Castel, France. 2016. « Ici et maintenant ». Les Éditions La Presse, 208 p.

Chaput, Jean-Marc. 2006. « Politiquement incorrect ». Les éditions Québécor, 310 p.

Giordano, Raphaelle. 2015. « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une ». Éditions Edito,

Suivez et cliquez j'aime

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

vingt + 7 =