Ne pas se laisser contaminer par l’humeur de babouin!

Tu sais, quand tu entres au bureau et que ton collègue bourasse sur son salaire, qu’il chiale contre la nourriture de la cafétéria, rouspète contre le patron, soupire envers un client, se dit une victime de la société et sacre à cause de l’imprimante. Déjà, ton moral est atteint que tu le veuilles ou non. À 16h, tu quittes le bureau en inspirant une grande bouffée d’air et te rends dans un café. Dans la file d’attente, des clients chialent contre cette pauvre caissière qui peine à dompter la caisse enregistreuse. Ça devient pénible!

Personnellement, je suis très sensible aux humeurs des autres. Lorsque quelqu’un est heureux, ça me rend heureuse. Quand quelqu’un a une humeur de truck, ça m’atteint et je viens de mauvaise humeur. Les négatifs, les chialeurs, les commères, les hyper-critiqueux, les plaignards ou ceux qui s’apitoient sur leur sort … pu capable! Je dois par contre admettre qu’il y a de ces jours où je suis moi-même négative ou chialeuse. Oups!

Chialage libérateur

En voulant m’instruire sur ce sport national, j’ai compris qu’il y a parfois du bon dans le chialage : ça permet de faire sortir la pression et de diminuer un malaise. En bref, ça défoule.

 

Des fois, quand j’ai une maudite journée de merde,
ça me fait du bien de chialer .. c’est thérapeutique…
mais après quelques minutes, je change de discours
sinon je finirai par agacer tout court.

Chialer pour chialer

Une personne chialerait de 15 à 30 fois par jour (Lewiccki : 2017). Les endroits sont infinis (en auto, en écoutant les nouvelles, au travail) et les sujets tout aussi variés (contre le conjoint, le voisin, le collègue, les enfants) … c’est sans fin.


Les commérages viendraient du fait qu’il est beaucoup plus difficile de parler de nous que des autres
(Billmark, 2016 : 141).

Les plaintes elles :

  • proviendraient d’une difficulté à agir et à suggérer une solution (Mandeville, 2012).
  • permettent d’attirer l’attention sans que l’on se rende compte que c’est très désagréable.

Se plaindre c’est comme la mauvaise haleine :
tu le remarques quand ça sort de la bouche de quelqu’un d’autre
mais pas tellement quand ça sort de ta propre bouche.
(Will Bowen. 2017 : En ligne)

 

MON DÉFI : Passer 21 journées sans chialer (21 jours serait un minimum pour établir une nouvelle habitude). Il prendrait entre 4 à 8 mois pour arrêter de chialer 21 jours consécutifs (Bowen. 2017). Quand on chiale, on recommence au jour 1. Quel défi! Je n’ai pas encore réussi.

Les gens négatifs

C’est aussi très facile de critiquer et d’accuser les autres ou soi-même. Une des choses qui nous rend de mauvaise humeur, c’est bien d’entendre des propos négatifs.

« 95% de vos pensées négatives sont fausses! Ce sont de purs fantasmes. Notre cerveau ne peut faire la différence entre les pensées fantasmatiques et les pensées saines : il croit que chacune d’elles est réelle ».
(Billmark : 2016 : 104)

Encore ici, ceci peut être une habitude, une stratégie pour attirer l’attention ou cela peut avoir pour objectif de ne pas accomplir des tâches qui nous déplaisent (Idem : 105). En effet, c’est très difficile de demander de l’aide à quelqu’un de négatif. Les gens préfèreront faire la tâche eux-même pour ne pas entendre de plaintes.

Truc 1 – Prendre conscience que les pensées négatives, le chialage et la critique sont nuisibles

D’abord, il faut s’avouer à soi-même qu’on a ce type de pensées puis, que ces mauvaises habitudes doivent être abolies de notre façon de fonctionner. C’est une première étape : être honnête avec soi-même.

Truc 2 – Comprendre les causes de la plainte


Si vous êtes la personne qui se plaint, il peut être bénéfique de faire une analyse sur ce qui vous dérange et comprendre pourquoi vous vous plaignez.

 

Ce n’est pas toujours évident. Parfois, on ne sait plus trop pourquoi on se plaint. C’est juste une mauvaise habitude.

Truc 3 – Agir au lieu de subir : j’adresse mes inconforts, ma tristesse et mes peurs

J’essaie de prendre des actions concrètes pour m’en sortir, je ne suis pas une victime. Je suis la seule personne qui peut changer mes habitudes. Rien ne se règle tout seul.

Aussi, je n’ai pas à subir les ragots même si je ressens un malaise à dire que je préfère ne pas écouter les commérages. Mettre en doute ou manifester mon désintéressement, c’est un défi. Mettre en doute c’est par exemple de confronter l’autre : es-tu certaine qu’il est bien arrivée ceci? Comment le sais-tu à 100%?

Les commérages meurent quand ils heurtent les oreilles d’une personne sage.
(Billmark. 2016 : 144)

Truc 4 – Parler à la bonne personne

La vraie question est : Quand est-ce que ce chialage et ces critiques s’adressent directement à la personne concernée? Pas souvent (La Presse. 2017 : En ligne). En plus, chialer nous amène à être négatif et malheureux. C’est vrai que c’est difficile de communiquer un malaise, un problème ou un conflit directement avec la personne impliquée. On ne veut pas déplaire ni blesser alors souvent, on évite et on se plaint à quelqu’un d’autre. Toutefois, c’est là que l’on se crée de l’anxiété et du stress. À moi de choisir la situation la plus appropriée pour être bien. J’essaie de me rendre la vie plus facile et de cesser de rechercher l’approbation des autres.

Truc 5 – Utiliser la communication non violente

Nous avons appris à échanger sourdement, sans réelle écoute et avec le désir de gagner notre point à l’aide d’arguments et contre-arguments. En bout de ligne, il y a un gagnant et un perdant.

 

Notre culture nous conditionne à ne pas clairement communiquer nos désirs et nos besoins profonds. Nous avons peur :

  • de communiquer nos besoins par crainte de passer pour égocentrique, par conformisme ou par crainte de déplaire.
  • de parler de nos sentiments pour ne pas donner l’impression d’être faible ou être vulnérable face à l’autre.

Toutefois, les gens qui apprennent à mieux communiquer seraient beaucoup plus en paix avec eux-mêmes.

« On n’apprend pas aux femmes à exprimer clairement leurs aspirations. Depuis des siècles, on leur inculque l’importance de les ignorer, de se dévouer aux autres, de se sacrifier ».
Encore aujourd’hui, les hommes doivent être des « guerriers » et ne pas montrer leurs émotions.
(Rosenberg : 16).

Marshall Rosenberg a ainsi établi une nouvelle façon de communiquer de façon non-violente :

    1. Observer et formuler l’état de la situation sans critique, sans accusation, ni jugement
    2. Communiquer l’émotion ressentie : tristesse, colère, joie, peur, dégoût, surprise
    3. Analyser quels sont nos besoins
    4. Formuler une demande claire sous forme de question

Alors au lieu de dire : « Tu regardes TOUJOURS la télé pendant que j’te parle. Parlez avec toi c’est comme parler à un mur. Tu pourrais pas faire un petit effort et te retourner?», la communication non-violente impliquerait plutôt de dire : « Quand tu regardes la télévision pendant que je te parle (observer), je me sens frustrée et blessée (émotion) parce que j’ai besoin d’attention (besoin). Serais-tu d’accord de me regarder dans les yeux pendant que je te parle? (la demande) ».

Je ne connais personne qui communique et s’affirme de cette façon. C’est très difficile à faire et ce n’est surtout pas inné. Cela demande beaucoup d’entraînement.

Voici une vidéo résumant la stratégie de façon sympathique.

Truc 6 – Respirer et rester calme!

Mais comment rester souriant près d’une personne qui chiale et qui est négative? D’abord, respirez! Une personne qui est prisonnière de ces habitudes est malheureuse. Elle n’est pas fâchée contre vous mais contre une situation qui l’échappe. J’essaie de rester ouverte, tolérante et compréhensive.

Truc 7 – S’entourer de gens plus positifs

La chose ultime à faire c’est souvent de cesser de voir les personnes qui ont une influence négative sur notre vie ou encore, qui nous démoralise. Ceci doit être fait sans culpabiliser. Ces gens aspirent notre énergie et notre temps. Quand je me sens vidée après une rencontre avec une personne, j’en déduis que cette personne a une influence négative.

Parfois c’est difficile car la personne est une amie de longue date, quelqu’un de la famille, un collègue de travail, un voisin, un patron, une connaissance. C’est une personne avec un grand coeur dans le fond … Par contre, les gens négatifs détruisent notre vitalité et notre énergie positive alors que les gens positifs nous donnent des ailes et ajoutent du bonheur dans notre vie.

Truc 8 – Lire des livres ou regarder des films qui nous font se sentir bien

C’est vrai que la télévision, après une journée intense où tu te sens complètement vidé, ça fait du bien. Pas besoin de se casser la tête et je ne suis pas non plus du genre à vouloir tout deviner du film avant que l’action se produise. Je me laisse bercer doucement par l’intrigue.

Toutefois, j’ai remarqué que certains films me faisaient me sentir très bien (Mamma Mia, La vie est belle, les films de Noël du style Le sapin a des boules avec Chevy Chase, certains films de Disney, Intouchables) et d’autres qui me dépriment. Ces derniers sont à éviter même s’ils sont divertissants. J’essaie alors d’être plus attentive à mon humeur après avoir visionné un film ou lu un livre. Il est plus facile ensuite de faire une meilleure sélection.

Truc 9 – Écrire 10 choses positives qui sont arrivées dans votre journée

Quand on a l’impression que notre journée a été juste négative, il est surprenant de réaliser qu’après anlayse, ce n’était pas si pire que ça. Des jours, c’est assurément plus difficile, mais j’ai toujours fini par trouver 10 choses positives. Ça permet de voir la vie d’un autre point de vue. Tout est une question de perspective.

Personnellement, je prends souvent le temps de féliciter les autres mais j’oublie de le faire pour moi-même. Avec cet exercice, je prends le temps de voir ce que j’ai accompli et mes progrès.

Si les mauvaises habitudes de chialer viennent de vous-même, « réconfortez-vous à l’aide d’auto-affirmation et d’encouragements, au lieu de rechercher l’acceptation et l’approbation des autres » (Billmark. 2016 ; 106).

Pour devenir plus positif, vous pouvez écrire «positif» sur votre main. Cela vous permettra d’y songer plus souvent et d’être plus attentif à vous-même.

Il n’est jamais trop tard pour devenir la personne que l’on veut être.
(Billmark. 2016 : 107)

Truc 10 – Lâcher prise

Prendre la vie comme elle vient. Les gens qui sont plus heureux et moins critiques seraient ceux qui acceptent que la vie soit faite d’embûches et de défis. Les émotions dites négatives (colère, tristesse, peur) sont universelles et font partie de la vie. Il n’est pas possible de les éviter. Au contraire, j’essaie de vivre ces émotions plutôt que de les fuir.


« Quand le vent du changement se lève,
les uns construisent des murs
et les autres des moulins à vent ».
Proverbe chinois

Truc 11 – Les mots sont puissants

Plusieurs auteurs le disent et l’ont constaté, les mots ont une force évocatrice. Je tente de faire attention à ceux que j’utilise, particulièrement ceux évoqués envers moi-même par mon imagination. J’essaie aussi de faire attention à ceux qui parlent d’autrui pour ne pas blesser les gens que je connais.

 

Pour rénover ma vie, j’essaie de me tenir loin des gens négatifs ou chialeux et je change mes propres comportements
et vieilles habitudes malsaines
afin de me sentir mieux, plus agréable à côtoyer,
plus énergique, plus détendue
et pour vivre de nouvelles expériences plus positives.

 

BIBLIOGRAPHIE

Billmark, Mats. Billmark, Susan. 2016. « Ce livre va changer votre vie ». Les éditions de l’homme, 216 p.

Bowen, Will. 2017. « Complaint free world ». En ligne. http://www.willbowen.com/. Consulté le 30 décembre 2017.

Huffington Post. 2015. « 22 habitudes qui vont améliorer votre quotidien ». En ligne. http://www.huffingtonpost.fr/brianna-wiest/conseils-bien-etre-quotidien_b_8020448.html. Consulté le 7 novembre 2017.

La Presse. 2017. « L’art de se plaindre ». En ligne. http://plus.lapresse.ca/screens/1a98ebe6-e235-4361-92c5-e4633b113186__7C___0.html. Consulté le 30 décembre 2017.

Lewicki, Christine. 2017. « J’arrête de chialer ». Éditions Broquet. https://www.archambault.ca/livres/j’arr%C3%AAte-de-chialer-/lewicki-christine/9782896545636/?id=2269517&cat=1884314. Consulté le 30 décembre 2017.

Mandeville, Lucie. 2012. « Soyez heureux, sans effort, sans douleur, sans vous casser la tête ». Éditions de l’homme.

Rosenberg, B. Marshall. 2015. « Être vraiment soi, aimer pleinement l’autre! La communication non violente en couple et entre amis ». Éditions Jouvence, 151 p.

 

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