Être normal, ce n’est pas normal : je n’entre pas dans le moule

C’est quoi être normal?

D’une certaine façon, c’est faire preuve de conformisme, de se plier aux règles ou aux attentes. Vu comme cela, ce n’est pas si attirant. Pourtant, c’est ce que j’ai longtemps fait. Faire comme tout le monde même si ça ne répond pas à mes désirs, à mes goûts et à mes besoins. Pour moi, être normal c’était de faire ce que je pensais que l’on s’attendait de moi. C’était de répondre aux critères d’un rôle précis : celui de mère, de conjointe, d’amie, d’employée, etc.

Par exemple, être une mère modèle signifiait être : douce, aimante, attentive, calme et souriante. Ce rôle impliquait de se sacrifier, se soucier de la santé de ses enfants, gérer la maison, suivre les règles et les standards. Être une bonne travaillante modèle c’était : se dévouer pour un travail plutôt conventionnel de style 8 à 5 pour concilier avec la famille, avoir un bon salaire, de bonnes conditions, bien se présenter, être productive, accessible, méthodique, gérer le stress et la pression. Faire comme ce que je pense que tout le monde fait ou devrait faire c’était : exercer des activités cool, bien m’habiller, bien paraître, montrer que je suis capable de m’amuser, avoir plein d’énergie, montrer que je peux faire +++ et être +++.

Quand on a tous ces modèles et ces attentes, il est probablement normal de sentir de la culpabilité à ne pas pouvoir tout faire parfaitement ou un malaise lorsque ceci est en contradiction avec nos goûts et nos valeurs profondes.

L’inverse d’être normal est-il attirant : être une exception? Dis comme ça, je ne suis pas certaine non plus. Je n’ai pas le goût d’être mise à part ni rejetée. Le sentiment d’appartenance à un groupe ou à une société est important. Et si l’on ajoute une variante au mot «exception» et que l’on dit être exceptionnel, c’est maintenant plutôt flatteur.

Essayer d’entrer dans le moule

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Quand nos actions sont en contradiction avec notre moi profond, ça crée une grande confusion. En étant plus attentive depuis quelques années, je me suis aperçue qu’il y avait beaucoup de gens qui faisaient tout pour entrer dans le moule, celui qui nous est imposé, qui est véhiculé dans les médias, les films et la société en général. Je n’étais pas seule.

Les efforts que j’ai déployés pour ressembler au moule ont été bien trop élevés. Au bout d’un certain temps, j’en suis venue à trouver ma vie complètement à côté de la plaque et je ne savais même plus pourquoi.

Apprendre à s’aimer

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J’ai eu de la difficulté à accepter quelques facettes de ma personnalité car cela signifiait aimer mes différences ou une image qui ne correspondait pas au modèle que la société m’envoyait. Aimer une image différente du moule, c’est pas toujours aisé. Aujourd’hui j’essaie d’être honnête envers la personne que je suis. Je tente de respecter mes goûts, mes talents, mes forces et mes faiblesses. Je m’efforce de faire passer mes goûts à moi avant ceux que j’ai longtemps essayé d’avoir.

Entreprendre une démarche personnelle

Il est possible d’équilibrer les choses et faire un travail sur soi à l’aide d’une analyse personnelle ou d’une thérapie. C’est ce que j’ai fait et que je continue de faire. L’un de mes objectifs est enfin de réaliser mes rêves et faire ce que j’aime vraiment MOI.

Nous consacrons de l’argent et du temps pour l’entraînement physique qui est tout à fait accepté, normal et valorisé : entraîneur privé, cours de Workout ou l’entraînement en salle qui permet de bénéficier de tout l’équipement que nous n’avons pas à la maison. Par contre, pour « l’entraînement psychologique », il y a du chemin à faire. Comme si le psychologique pouvait être évité, n’avait pas à être entraîné ni étudié. Comme si l’on pouvait tout faire tout seul, sans trop s’y attarder, sans aide ni outil. Une erreur selon moi. Pour être heureux, cela demande de l’entraînement et beaucoup d’efforts.

Si l’on consacrait autant de temps à l’activité psychologique qu’à l’activité physique, nous vivrions une vie beaucoup plus riche, pleine de sens et nous serions donc plus heureux.

Faire ce que l’on aime

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Une entrevue auprès de la fille de Félix Leclerc m’a marquée. Elle disait que plus jeune, elle ne savait pas quoi faire comme métier. Son père lui avait dit : peu importe, fais quelque chose que tu aimes. Pas de “il faut rentrer dans un moule” du genre : il faut avoir un bon salaire, il faut avoir une bonne pension, une sécurité d’emploi, des congés maladie, un horaire stable … il faut … il faut …

En faisant une recherche d’emploi, j’ai remarqué que tous les emplois qui m’intéressaient ne répondaient à peu près jamais à la description précédente  (bon salaire, stabilité, avantages marginaux, etc.). Je m’en étais donc éloignée pour faire quelque chose de plus conventionnel et “pratique”, mais hooo combien loin de mes aspirations. Depuis, j’ai diminué mes dépenses et ma consommation afin de pouvoir vivre mes ambitions. L’avenir me dira si j’ai fait le bon choix mais je me sens sur la bonne voie.

Le plus grand frein à la réalisation de nos rêves,
c’est nous-mêmes.

Personne n’est normal, tout le monde est unique

Je pense que nous devrions plutôt nourrir ce que l’on est réellement, être authentique dans nos actions afin d’en faire profiter aux autres et à nous-même.

 

Ma fille est revenue de l’école avant les fêtes avec un dessin et les mots « je suis unique » écrit en haut de la feuille. J’ai trouvé ça génial. Dire à nos enfants qu’ils sont uniques dès leur jeune âge et les aider à se découvrir en développant leur personnalité, leurs talents et leurs particularités sans les entrer dans un moule, j’achète!

Exemples inspirants

Pour la période des fêtes, je me suis gâtée et j’ai lu trois biographies. J’ai été surprise d’y lire dans les trois ce déchirement entre les aspirations profondes et la volonté de se conformer. Ces femmes m’ont inspirée et même encouragée :

« Je me suis toujours sentie différente des autres, et je n’aimais pas cela, je ne l’acceptais pas. Je voulais entrer dans le moule, devenir une femme normale. [Aujourd’hui], je ne suis pas une grand-mère comme les autres, enfin comme je les imagine, qui tricotent, cuisinent et s’occupent de leurs petits-enfants. Je suis une grand-mère qui travaille».
(Girard – Biographie de France Castel, 90-95)

« Les autres enfants me faisaient bien comprendre que j’étais différente, et il m’a fallu du temps pour accepter cette différence, et plus encore pour la considérer comme un atout. Enfant, […] je ne voulais qu’une chose : être pareille aux autres. Au lieu de ça, je passais pour une originale, j’étais tenue à l’écart ».
(Ima. 2016 : 27)

 « La société de consommation exige des femmes une perfection inatteignable : une maison sans poussière, du linge toujours propre, des mets raffinés. [Moi], je couds encore plus mal que je ne repasse […] Il faut faire sa propre crème glacée, son propre pain, son vin. Il n’y a plus de fin! La femme doit être une superwoman! […] Dans les annonces publicitaires, la femme sourit en passant la balayeuse, en faisant la lessive, la cuisine […] J’ai la très forte impression d’être victime d’une conspiration pour me réduire au rôle de conductrice de machine. J’haïs la balayeuse. J’haïs repasser. » Ce qu’elle voulait, ce n’était pas être ménagère mais travailler et être indépendante tout en s’occupant de sa famille.
(Janette Bertrand, 2004 : 211-212)

Je suis dans un stade de ma vie où je m’autorise à sortir du moule, à tenter de nouvelles expériences et à laisser libre court à ma créativité. Je me découvre dans ces expérimentations et j’apprécie énormément cette nouvelle liberté. Les contraintes dans lesquelles j’étais étouffée s’éloignent et je peux profiter de la vie avec une plus grande authenticité.

 

Rénover sa vie, c’est aussi ça : se permettre d’être vraie,
d’être libre,
entrainer le corps autant que l’esprit
et accepter la grande valeur de son unicité.

 

BIBLIOGRAPHIE

Bertrand,Janette. 2004. « Ma vie en trois actes ». Éditions Libre Expression, 411 p.

Girard, Jean-Yves. 2017. « France Castel : ici et maintenant ». Les Éditions La Presse, 208 p.

Ima. 2016. « Merci la vie : #Liberté # Gratitude #Amour #Joie #Pardon ». Éditions Edilo, 191 p.

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