J’ai perdu le MOI

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Apprendre à faire les choses pour soi et non pour les autres. Que ce soit pour son choix de carrière, ses loisirs, sa consommation, etc. Ne pas faire des choix en se disant « Mais qu’est-ce que les gens vont dire? ». Et oui ! J’ai acheté des vêtements de marque, j’ai fait des sports intenses et j’ai accepté un emploi avec plus de responsabilités parce que je me disais que les autres trouveraient cela vachement cool… que ça paraîtrait bien. Attention, j’ai aimé en grande partie ces choix et je ne regrette pas de les avoir faits. J’y ai trouvé du plaisir et cela m’a permis de faire de nouvelles expériences. Par contre, le regard des autres a été important dans plusieurs de mes décisions…

C’est certain que généralement, c’est ben plus “in” et ça passe mieux de dire que tu fais du Kitesurf, que tu t’entraînes pour un Ironman ou que tu étudies pour devenir dentiste … que de dire que tu fais un BAC en civilisations anciennes, que tu aimes  jouer à Donjon Dragon ou à des jeux de société. D’ailleurs, avez-vous déjà remarqué la « non attitude » de quelqu’un qui avoue aimer jouer à des jeux de société?!? C’est toujours dit avec une pointe de «il faut que je m’affirme» et « j’ai l’air tellement nerd d’aimer le Monopoly ». Ne vous flagellez pas si c’est votre cas, j’aime aussi les jeux de société.

Par dessus le marché, lorsque je suis devenue maman, je me suis complètement oubliée. Avec les années, cela s’est aggravé. Maintenant, ma fille a 6 ans. Je réalise qu’étourdie dans le tourbillon de la vie de mère, j’ai changé et aujourd’hui, je ne me reconnais/connais plus.

Cela semble difficile à croire mais avec les années, j’ai perdu le MOI. C’est embarrassant! Que dis-je! Être perdue adolescente c’était une chose … à 38 ans, c’est aussi gênant que de vomir en deltaplane juquée au-dessus de l’instructeur qui t’a, by the way, prêté son casque full face (expérience vécue à ma plus grande gêne).

L’humoriste Jean-François Mercier confie avoir fait des études comme actuaire pour que sa mère soit fière de lui. Cette période fut malheureuse et il n’a jamais travaillé dans ce domaine :

« Moi j’ai toujours fait ce qu’on m’a dit de faire.
Pis t’arrives au boutte de t’ça pis tu te dis :
Ok, y’a pu rien qui marche ».
Jean-François Mercier, La vraie nature

J’ai décidé que je cessais de faire des choix pour les autres et que je trouvais le nouveau MOI. Pas changer du tout au tout du jour au lendemain, mais tranquillement me retrouver afin de me réaliser. Je reprends le contrôle de ma vie. C’est déstabilisant mais c’est une phase qui passe. C’est aussi un investissement pour mon bonheur futur.

1 – Faire le point

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Un beau dimanche, armée de ma coiffure agilement structurée par ma taie d’oreiller, vêtue de ma robe de chambre à motifs pingouins, et la face plantée dans un calepin acheté chez Dollorama, j’écris plusieurs titres :

    • Ce que j’aime MOI, ce qui m’intéresse MOI
    • Qu’est-ce qui me manque MOI dans ma vie?
    • Pour quel type d’entreprise je veux travailler MOI?
    • Les passe-temps que j’aime MOI
    • Mes qualités à MOI
    • Mes défauts à MOI
    • Ce qui est bon dans MA vie et ce qui l’est moins
    • Quels ont été mes réussites et mes échecs?

Je me force à ne pas trouver des réponses d’activités que j’aimerais apprécier, d’un emploi qui paraîtrait bien ou des qualités que j’aimerais développer. Il s’agit d’être bien honnête avec soi et de bien réfléchir pendant cet exercice. Trouver des réponses en cohérence avec mes valeurs, mes objectifs, mes besoins et mes désirs à MOI.

2 – Faire de nouvelles expériences

C’est par celles-ci que je découvre mes goûts et que je développe ma personnalité. Essayer jusqu’à temps de trouver des activités ou un emploi qui me plaît réellement et qui me motive. Parfois, je me trompe. Les gens autour peuvent dire ce qu’ils veulent : que je me suis cassée la gueule, que je n’ai pas réussi, se demandent qu’est-ce que je fais là, etc. L’important c’est que j’en ressorte avec une nouvelle expérience.

3 – Accepter de ne pas plaire à tout le monde

Ce que j’ai l’habitude de faire pour que les gens m’acceptent dans leur groupe ou pour ne pas être critiquée, j’arrête de le faire si cela est en contradiction avec mon nouveau MOI. Je cesse d’essayer de plaire à des gens pour qui je dois être quelqu’un d’autre. De toute façon, mes bonnes amies qui m’aiment pour MOI vont me suivre.

Je me suis permis d’arrêter d’essayer de plaire à tout le monde
afin de me plaire plutôt à moi-même.

4 – Accepter d’être imparfaite

J‘ai essayé d’être parfaite en tout et de suivre des modèles imposés qui ne me correspondaient pas : le modèle de la mère parfaite, de la conjointe parfaite, de l’amie parfaite, etc. Le problème c’est qu’à force de vouloir être parfaite, tu deviens plate en st-crème. Finis les blagues et les pets de t’sous de bras. À la fin de la trentaine, je me suis dit : Misère, ma vie est dont ben dull. La vie d’adulte et de mère était bien trop contraignante et entourée de millions de règles et de codes de conduite rigidesheurk! J’essaie de mettre de côté mes complexes pour m’accepter en tant qu’être imparfait et en cours de construction.

5 – Accepter le vrai moi

Il y a certains traits de caractère de moi-même contre lesquels j’ai longtemps lutté
parce qu’ils vont à l’encontre de ce qui est valorisé ou parce qu’ils m’apparaissent
comme étant uniquement négatifs.

 

Par exemple, si vous êtes quelqu’un de très sensible, non compétitif, réservé, timide, etc., ça passe mieux de dire comme défaut être perfectionniste, bourreau de travail, ambitieux, avoir un caractère fort ou avouer être un control freak. Toutefois, j’ai appris à accepter ce que je suis pour être réellement en cohérence avec moi-même et faire les bons choix. Tous les traits de personnalité ont des bons et des mauvais côtés. Encore ici, j’essaie de mettre mon orgueil de côté et de ne pas me mentir à moi-même. J’apprends à ne pas entrer dans un moule qui n’est pas le mien.

6 – Accepter la solitude

La solitude est un état indispensable à la rencontre avec nous-même. Avoir une vie à soi, c’est difficile. C’est important de prendre du recul pour mieux se redéfinir mais aussi, pour apprendre à être bien avec soi-même. Toutefois, j’essaie de ne pas tomber dans l’extrême et m’isoler car cela peut avoir des conséquences négatives sur mon bien-être. Je crois que nous avons aussi besoin des autres pour nous construire. C’est une question d’équilibre.
« Nous nous ennuyons quand nous sommes seuls,
peut-être parce que nous sommes étrangers à nous-mêmes »
(Le Monde : 2010).

7 – Suivre ses nouveaux objectifs et s’y maintenir

C’est tellement facile de dévier de la route pour reprendre les vieilles habitudes pré-programmées. Plusieurs fois par semaine, je me questionne pour m’assurer que je ne dévie pas. Encore ici, j’écris beaucoup et je me relis… je n’ai pas le choix de m’écouter!

8 – Croire en soi-même et en ses capacités

Valoriser ses nouveaux choix et s’encourager dans nos actions. Trouver des solutions et ajuster au besoin. Il y a toujours un petit démon au fond de nous qui veut nous décourager mais à force de se répéter le contraire, on y arrive. J’ai mis des mots qui m’inspiraient un peu partout dans mon bureau, dans ma chambre et ailleurs dans la maison. Ça me rappelle mes objectifs.

9 – S’occuper de soi

Se donner du bon temps, c’est important. Pas pour éviter les problèmes mais pour faire ce que l’on aime et être en cohérence avec nous-même. Aller voir un spectacle d’humour, marcher en montagne ou s’offrir une journée à faire ce que vous aimez (si c’est faire des casse-têtes, faite le même si ce n’est pas glamour et ça ne fait pas une photo Facebook).

La vie va vite et parfois, on perd le nord mais avec une bonne boussole, on peut le retrouver. Les amis, la famille, une nouvelle rencontre ou un bon psychologue (essayez-en plusieurs s’il y a lieu pour trouver quelqu’un avec qui vous serez à l’aise et en confiance) sont importants.

Avec des bons outils, on peut rénover sa vie!

 

BIBLIOGRAPHIE

Le Monde. 2010. « La solitude, un chemin vers soi-même ». En ligne : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/22/la-solitude-un-chemin-vers-soi-meme_1390778_3232.html. Consulté le 24 décembre 2017.

Mercier, Jean-François. 2017. « Jean-François Mercier revient sur une période sombre de sa vie ». Émission La vraie nature. En ligne. https://videos.tva.ca/details/_5643713375001. Consulté le 20 décembre 2017.

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