Culpabilité quand tu me tiens!

Texte rédigé par Florence Chery, Thérapeute en relation d’aide.

Bon, tout d’abord, établissons de base qu’il y a deux sortes de culpabilité. La culpabilité saine, car si je fais du mal à autrui ou que je vois par exemple mes enfants se battre, ma culpabilité ou celle de mes enfants aide à réaliser que mon comportement est néfaste. La culpabilité fait du mal dans le but de réprimer le geste de violence.

Mais il existe aussi la culpabilité toxique, celle qui nous ronge de l’intérieur et qui nous maintient dans une insatisfaction et aussi bien souvent dans un manque d’estime de soi. Voici quelques exemples qui me viennent assez facilement :

  • coupable de ne pas être assez gentille (selon mes critères de l’image de la fille gentille qu’on m’a inculquée) ;
  • coupable de ne pas être à la hauteur ;
  • coupable de ne pas répondre aux attentes de l’autre ou des miennes ;
  • coupable d’être trop … ou pas assez …

Cette culpabilité me tient comme un boulet aux pieds et m’empêche de satisfaire mes besoins d’affirmation ou encore de liberté, mais aussi de paix intérieure.

Culpabilité suite à un évènement difficile

À 21 ans, j’ai perdu mon grand ami  qui s’est suicidé. Je me suis alors culpabilisée de ne pas avoir été une assez bonne amie, (ne avoir su détecter à quel point il était en détresse et qu’il avait besoin de moi). Je me suis mise une charge bien lourde sur les épaules, ce qui m’a amené pendant des années à me sentir coupable de prendre du plaisir entre amis, coupable d’avoir des émotions que je jugeais négatives et souffrantes (la colère du sentiment d’abandon et de vide que je ressentais depuis sa mort).

Virage à 180 degré

Je me suis fait du mal jusqu’à ce que je rencontre une psychologue qui m’a suivie et m’a parlé de l’approche de Colette Portelance, l’approche non directive créatrice. Au sein de cette école, j’ai pu prendre soin de moi, être entendue, accueillie dans mes émotions souffrantes et pleurer pour moi plutôt que pour lui. J’ai pleuré ma peine, ma tristesse, mon manque, mon sentiment d’abandon, et j’ai pu commencer à me donner le droit de VIVRE pleinement, ce que je m’étais interdit. Mon processus de deuil s’est étalé sur 10 ans.

Mère coupable

Comme maman maintenant, et je sais pour entendre parler des mamans dans mon bureau ou des amies, la culpabilité est souvent présente. Elle nous empêche d’assumer nos décisions avec force et affirmation.

Quand je me suis séparée, mon garçon avait un peu plus d’un an … et je me sentais coupable de l’échec de notre famille, j’ai vécu cela comme un rêve qui s’effondre et je me sentais coupable d’offrir une famille désunie à notre enfant. Me culpabiliser a eu comme impact de donner à mon fils tout ce qu’il voulait et même plus! Je me sentais coupable de sa souffrance et de ne pas pouvoir lui offrir au quotidien son papa ET sa maman. Toutefois, c’est ma propre souffrance que je projetais sur lui.  Je me suis oubliée pour son « bien-être » et j’ai répondu à tous ses besoins qui sont devenus bien vite des caprices…

Analyser les impacts de sa culpabilité et l’accueillir

Forte de mon expérience thérapeutique, j’ai repris du poil de la bête, mais pour ça il a fallu là aussi que je fasse un chemin pour voir les impacts de ma culpabilité malsaine sur le comportement de mon fils. J’ai vu à quel point je ne m’aidais pas ni ne l’aidais lui et depuis, j’ai replacé la situation même si cela a pris du temps et que je retombe dans des pièges que j’ai moi-même posés! Ce système de juge-coupable refait parfois surface, ce à quoi je fais plus attention maintenant en accueillant ce que je suis, en accueillant mes sentiments, mes émotions et en me pardonnant de ne pas être ce que j’aurais aimé être : Une maman parfaite qui offre à son enfant une famille unie et harmonieuse… un idéal qui ne permet pas de trouver ma voix intérieure, ni de me sentir en harmonie et en paix…

Ma ressource aujourd’hui, c’est de rester sensible à moi, à mon sentiment de culpabilité très profondément ancré en moi, de le chérir pour ne pas lui laisser toute la place en relation à moi et aux autres.

«Culpabilité, quand tu crois me tenir,
j’ai le pouvoir de choisir de prendre soin de toi,
de t’écouter me lancer des messages,
des discours, des petites phrases assassines
sans donner du pouvoir à ce que tu me dis
qui n’est pas vrai et qui ne me fait pas du bien.

Culpabilité, quand tu crois me tenir,
je peux décider de te lâcher, de te donner du « lousse »,
ce qui m’en donne tout autant et me fait sentir libre ».

Source :

Bonjour, je m’appelle Florence Chery, je suis une mère célibataire, thérapeute en relation d’aide depuis plus de 10 ans et je voudrais vous parler de la culpabilité, ce sentiment très répandu dans notre société provenant de notre histoire judéo-chrétienne et qui est aussi très sournois. J’essaie de transformer au fil des années, non sans effort, persévérance et travail sur moi. Bonne lecture!

Texte écrit par Florence Chery pour l’usage unique de Véronique Paquet.
Texte révisé par Véronique Paquet.
Touts droits réservés à Florence Chery.

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2 réponses sur “Culpabilité quand tu me tiens!”

  1. Il faut à tout prix, je crois transformer la notion de culpabilité en la notion de responsabilité ! En quoi suis-je responsable de ce qui arrive ? Cela procure un pouvoir de changement contrairement à la culpabilité qui écrase et neutralise !

    1. Bonjour Marielle,

      la notion de responsabilisation, oui, tout à fait à propos.
      Un travail de longue haleine, mais qui en vaut la peine, pour soi et ses proches.

      Merci de ton commentaire!
      Au plaisir!
      Véronique

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