Vivre à deux : ce que j’ai appris

En cette semaine de la St-Valentin, parlons un peu de la vie à deux. Chacune des expériences de vie à deux nous donne des leçons. Et en ce qui a trait à l’amélioration de mon oeuvre d’art amoureux, il y a de la place à faire des retouches. Un jour, je réussirai bien à en faire une belle création. Pas nécessairement un Picasso ou un Van Gogh, mais un Paquet ça m’irait très bien ou un Beaupré.

Être réellement soi

Avec le recul, je me rends compte aujourd’hui que mes relations antérieures manquaient quelque peu d’authenticité. Le désir de me protéger a été plus fort que tout. J’ai toujours eu cette voix au fond de moi qui me chuchotait que ça ne durerait pas. Dans l’objectif d’étendre mon bouclier amoureux, je n’ai jamais fait part de tout le MOI. Je préférais montrer ce qui était plus glorieux : je suis fonceuse, travaillante, forte, dynamique, souriante, enjouée, etc. Ce que je considérais comme moins attrayant ou susceptible d’être attaqué (ma sensibilité, mes doutes, mes peurs, mes angoisses et mes rêves), je les gardais pour moi.

France Castel est pour moi un modèle et en lisant sa biographie, je me rends compte de sa force et de son goût du risque amoureux :

« Je me demandais de quelle manière j’allais pouvoir lui raconter mon passé [drogue, dépression, tentative de suicide, anxiété, etc.]… Et je l’ai trouvé. En novembre, pour son anniversaire, je l’ai invité dans un restaurant russe, caviar et champagne, je faisais ma smatte, ma big shot. C’est là où j’ai joué le tout pour le tout : je lui ai offert ma première biographie, Solide et fragile, publiée en 1995. Avec le livre, il allait apprendre à qui il avait affaire : mes enfants, mes amants, mes tourments. Soit il me rappelait après ou … Il m’a rappelée
(2017, 135-136) ».

Allez, fonce et sois courageuse!

Réellement connaître l’autre

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Il n’est pas facile de montrer qui l’on est réellement et c’est difficile de trouver quelqu’un qui aura l’audace d’en dire beaucoup sur sa personne. Comprendre et reconstruire le casse-tête qu’est l’autre, c’est comme faire un puzzle de 2 000 morceaux. Pour y arriver, j’essaie de mettre mes jugements de côté, être patiente et ouverte. Je peux d’abord faire le contour du casse-tête pour me donner une idée de la dimension qu’il aura à l’intérieur!

Ça prend du temps pour réellement connaître l’autre. Il y en a qui sont en couple depuis des années sans réellement laisser leur véritable personne intérieure paraître. Il est vrai que montrer qui on est réellement, c’est comme acheter un portefeuille d’actions. Tu n’as aucune idée dans quoi tu t’embarques et tu risques de gagner gros ou perdre beaucoup. Parfois, tes connaissances et tes modèles amoureux sont si faibles, que tu te sens réellement comme avec ton conseiller financier : il en connait beaucoup plus que toi sur le sujet et la situation te fait sentir vulnérable.

Tout le monde parle de communication dans le couple, mais ce qui importe, c’est « partager ses attentes, ses désirs, ses angoisses, mais seulement si on sait écouter en retour et si on porte attention aux sentiments de l’autre » (Mitsou. 2018, En ligne).

Faire des compromis

Dans mon besoin de liberté, je me suis toujours dit que faire des compromis brimait ma sacrosainte liberté. Au fond de moi, je déteste en faire. Toutefois, la réalité est tout autre … j’en fais trop et à un moment donné, je me sens mal. La situation ne me ressemble plus, les décisions qui sont prises ne me correspondent pas ou sont éloignées de mes valeurs. J’ai toujours eu une tendance à suivre les règles et à avoir peur d’être jugée. Ainsi, je garde mes commentaires pour moi. Poser mes limites, on n’en parle pas. Ce n’était pas ma tasse de thé non plus, même si j’y travaille très fort.

Pourtant, faire des compromis, après étude, ce n’est pas toujours si mauvais. Ça peut même permettre de se ramener vers l’équilibre et être plus souple.

« J’ai dû faire des compromis. J’ai besoin d’imprévu; lui, non. Il m’a apporté l’équilibre ; je lui apporte la permission de sa folie, de sa colère. Il est anxieux, terre à terre, raisonnable, son rapport avec l’argent est très sain, il n’a pas de compulsions. On est très différents, mais je sais où on se rejoint. Il est resté qui il est, moi aussi (Castel. 2016, 137).

Bouderie

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Après une chicane ou un désaccord. Le bruit sourd du système de chauffage prend toute la place. Il n’y a plus aucune parole qui vole, seule une tension. « Notre silence dans le bruit » (Giordano. 2017, 60) C’est le silence dans la maison qui contraste lourdement avec le bruit du tambour de notre coeur qui martèle notre tête accompagné d’un A cappella de pensées qui nous double croche le cerveau. Personne n’est bien.

C’est une forme de punition de l’autre et une violence à la paix du couple. Où a-t-on appris à bouder de la sorte? Il s’agit probablement d’un malaise à bien communiquer nos émotions et nos besoins. Il peut s’agir aussi d’une forme de punition de l’autre, l’anti-communication à la paix et au bien-être du couple. Pas très sain, même si humain. Apprendre à communiquer de façon non-violente, c’est tout qu’un défi!

Devine mes besoins

Je me suis souvent dit à moi-même : « Ça va de soi que l’autre fasse ceci ou cela, pourquoi il ne le fait pas!?! J’aimerais XYZ, c’est évident! Pourquoi il ne s’en rend pas compte et ne m’offre pas son aide? ». Ce qui semble une évidence pour moi ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Ça enfin, je l’ai compris. Peut-être est-ce le train infernal de la vie ou c’est la peur de passer pour une personne exigeante ou une capricieuse qui fait que l’on ne s’arrête pas pour penser et parler à l’autre de nos besoins. Toutefois, pour être bien en couple et bien vivre ensemble, c’est primordial. Sinon, c’est comme jouer au labyrinthe : on prend le mauvais chemin et la boule risque de tomber dans l’abîme plutôt que d’arriver à destination.

Accusations, jugements ou pire, ne rien dire

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Quand on ne dit rien, on se sent comme dans une bibliothèque : l’ambiance est calme, mais comme un livre qui n’est jamais lu, tous ses trésors restent enfouis sans que personne n’y ait accès. C’est triste un livre dont personne ne lit le contenu. C’est un livre perdu.

Nos jugements eux sont une déformation. Ils montrent souvent nos propres peurs ou nos problèmes. À réfléchir!

«Nos jugements sont l’expression tragique de nos besoins »
(D’Ansembourg. 2001, 140).

Manque de modèles

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Les modèles amoureux sains où l’on parle et échange avec amour et respect, ça ne court pas les rues. Dans les téléromans où les drames sont de mises les uns après les autres ou les films qui nous présentent des modèles utopiques de bonheur amoureux, ce n’est pas là où je trouverai de quoi m’inspirer! En connaissez-vous des modèles amoureux?

Réconciliation

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« Faire un pas vers l’autre, ça paraît si simple, et pourtant si peu de gens le font » (Giordano. 2017, 102). C’est vrai que l’on vit dans un monde où l’on cherche à gagner sur l’autre et à remporter la victoire. Mais la vie à deux ce n’est pas cela. Établir une relation sur l’écoute réelle des besoins et des émotions de l’autre, c’est bâtir quelque chose de solide.

« Quand je ne suis pas bien avec [mon conjoint], c’est parce que je ne suis pas bien avec moi, ça n’a rien à voir avec lui » (Castel. 2017, 137).

 

BIBLIOGRAPHIE

Castel, France. 2016. « Ici et maintenant ». Les Éditions La Presse, 208 p.

D’Ansembourg, Thomas. 2001. «Cessez d’être gentil voyez vrai! » Éditions de l’Homme, 249 p.

Giordano, Raphaëlle. 2017. « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une ». Éditions Édito, 264 p.

Mitsou. 2018. « Fuck la communication ». En ligne. http://www.mitsou.com/amour-fuck-la-communication/. Consulté le 12 février 2018.

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