Cultiver le bonheur sur une terre infertile

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Rythme de vie à 200 Km/h, pression de la performance, compétition, surconsommation, instantanéité, exigences élevées, jugements, pensées négatives et auto-sabotage …  Comment réussir à être heureux et faire pousser les graines du bonheur sur une terre infertile? Le bonheur, tout le monde en parle, mais savons-nous comment être heureux?

La culture moderne influence notre façon de concevoir le bonheur et met l’avant comme preuves de réalisation et d’accomplissement de soi : l’argent, la mode, les voitures de luxe et la grosse maison. Est-ce que je souhaite réellement? Quand je me pose la question, je me réponds sans hésiter : bien non! Par contre, je sais que malgré moi, je suis influencée. J’aimerais bien ça faire comme les riches et aller dépenser sans compter dans les magasins ou voyager plusieurs fois par année.

Je sais que consommer des biens matériels engendre toujours une certaine frustration car je n’en ai jamais assez. Quant à la compétition, il y a toujours quelqu’un de meilleur que moi. Je ne m’en sors pas. J’ai malgré moi l’impression que l’argent me rendrait plus heureuse, plus libre ou moins soucieuse.

Pourtant, les récentes études indiquent que :

  • même si le revenu moyen par capita a considérablement augmenté en Amérique du Nord ces cinquante dernières années, le bonheur moyen est demeuré stable. Pire, ces dernières années, il a tendance à diminuer (New York Times. En ligne).
  • les pays d’Amérique latine qui sont beaucoup plus pauvres que ceux de l’Amérique du Nord, ont une population plus heureuse (Recherches par Ronald Inglehart, scientifique de l’Université du Michigan).

Sortons notre côté intellectuel! Le bonheur est étudié dans de nombreuses universités du monde, alors analysons-le.

Ed Diener, professeur en psychologie à l’Université de l’Illinois et Sonja Lyubomirsky UC Riverside, indiquent que notre bonheur est déterminé à :

  • 50% par nos gènes ;
  • 40% par nos actions, nos intentions, nos choix, notre volonté (il faut vouloir être heureux pour le devenir) ;
  • 10% par le type d’emploi, le statut social, l’argent (Documentaire Happy. 2011).

Oups! Peut-être plaçons-nous nos efforts au mauvais endroit!

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Ce qu’il faut savoir sur le bonheur :

1 – Le bonheur permanent n’existe pas (Harris. 2007 : 7).

Le bonheur permanent où un sentiment d’extase euphorique continu nous consume n’existe pas. J’aurais pourtant tellement aimé y croire. Je me disais : « Ma prochaine relation sera parfaite, mon prochain travail répondra à toutes mes attentes ou quand je gagnerai plus d’argent je serai plus heureuse ».

Chaque relation, chaque travail ou chaque amitié vient avec son lot de difficultés et de joies.

2 – Il existe deux types de bonheur

2.1 – Le p’tit bonheur comme on le conçoit couramment

C’est le sentiment d’être bien, c’est un contentement, un plaisir et un sentiment de satisfaction (Harris 2007 : 15). C’est par exemple être entre amis dans un chalet pour s’offrir un moment de répit bien mérité où l’on s’amuse et on rit. C’est de profiter d’une journée tranquille à la maison à pratiquer une activité qui nous procure un sentiment de bien-être. C’est écouter de la musique, embrasser son enfant ou sortir entre amis. Ce que les gens appellent les p’tits bonheurs simples.

Ce type de bonheur est éphémère. Tenter de constamment le ressentir est voué à l’échec. Comme le disait Yvon Deschamps : « Qu’est-ce qui fait le bonheur? Il passe. »

2.2 Le bonheur qui permet de « vivre une existence riche et pleine de sens ».

C’est ce qui me manquait, du sens, dans mon ancien travail de bureau car je me répétais sans cesse : À quoi ça sert tout ce que je fais? J’aide qui? Pourquoi remplir tous ces papiers? J’aimerais faire plus, mais quoi?

Qu’est-ce que c’est une existence riche et pleine de sens? C’est «quand nous mettons en branle des actions concrètes pour procéder aux changements qui nous tiennent vraiment à coeur et qui orientent notre vie dans le sens des valeurs qui nous sont chères […] ce qui nous procure un grand sentiment de vitalité» (Harris. 2007 : 14). Ce deuxième bonheur nous habite à plus long terme. C’est par exemple travailler dans un domaine qui vous passionne, suivre ses rêves et prendre les actions concrètes pour qu’ils se réalisent. C’est aussi être la personne que vous êtes réellement, la présenter aux autres et se montrer à l’écoute de vos besoins.

Aucun rêve n’est trop fou! Soyez le dessinateur du plan de votre vie!

3 – Arrêter d’attendre que le bonheur vienne sans rien faire : PASSER À L’ACTION

J’ai rêvé gagner à la loterie pour réaliser enfin ma vision du bonheur. Dans mon imaginaire, tous mes problèmes disparaissent miraculeusement : je paye mes dettes, je voyage, j’aide ma famille et mes amis, je crée le travail de mes rêves, etc. Malheureusement, les chances de gagner le gros lot du Lotto Max sont de 1 sur 28 633 528 avec 1 participation… Faut être chanceux!

Ainsi, il vaut mieux compter sur ses propres capacités pour accéder au bonheur car être heureux, ça demande de gros efforts. Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours pensé que le bonheur arrivait et repartait sans que je n’aie de contrôle ni quoi que ce soit à faire.

« Des fois il est présent, d’autres fois non. La vie est ainsi faite, je ne suis pas chanceuse», me disais-je… Une erreur.

Le bonheur s’apprend comme on apprend à jouer du piano et il se cultive (Ed Diener, University of Illinois, Documentaire Happy). Il faut s’y consacrer et agir en fonction de ses valeurs (Harris. 2007 : 8).

 

Personne ne va vous dire comment faire pour être heureux et personne ne le devrait car vous êtes la personne qui vous connaît le mieux.

Qu’est-ce que votre coeur vous dit? Écrivez tout ce que vous souhaiteriez dans votre vie idéale sur tous les sujets importants pour vous : travail, relation de couple, rôle de parent, rythme de vie, etc.  … Surtout pas d’autocensure, ni de « Qu’est-ce que les autres vont dire? » ou « Ho misère, je ne peux pas écrire ça, c’est du délire! ». Tentez de tout faire que le vrai sorte, c’est ce qui importe.

Votre vie peut être remplie de prismacolor au lieu d’être le vieil étui gonflé de crayons de bois ternes et usés. « L’ennemi c’est le fade » (Giordano. 2017, 84).

« Heureuse, je ne l’ai pas toujours été. Loin de là. J’ai appris à le devenir. Et je poursuis mon apprentissage jour après jour […] La responsabilité d’être heureux nous appartient. Quand ça ne va pas, il faut aller chercher de l’aide, se munir de tous les outils possibles, marquer une pause si nécessaire pour reprendre son souffle, et ensuite rebondir. Mais jamais il ne faut abandonner » (Ima. 2016 : 8-17).

4 – Arrêter d’éviter ce qui est désagréable, les pensées douloureuses et le malheur

Les gens qui sont plus heureux ont compris qu’il fallait accepter le malheur : il existe et je ne peux pas passer constamment à côté. Pour être heureux, je tente d’apprendre à mieux composer avec les désagréments de la vie. Il s’agit de développer sa résilience, soit cette capacité à affronter et passer à travers les épreuves difficiles.

« J’aime cet engagement personnel d’accueillir ce qui arrive, le bon et le moins bon. J’ai eu soixante-douze ans. Je n’ai plus le temps de « tasser les affaires », mon expression qui veut dire : remplacer ce que je ne veux pas voir par de l’agitation, par le déni, au lieu de m’attarder à ce que je vis et à ce que je suis, ici, maintenant »
(Castel. 2016, 85-86).

J’ai aussi compris qu’à chaque malheur qui me tombait dessus, je trouvais des moyens pour mieux m’en sortir. Les moments difficiles nous donnent des leçons de vie et sont parfois nécessaires car ils nous poussent vers le changement si nous sommes bien prêts à l’accueillir et à faire un travail sur nous-même.

« J’aime bien dire que les pires moments de ma vie, aussi pénibles puissent-ils avoir été, étaient de grâces déguisées et nécessaires pour me rendre ici aujourd’hui »
(Marilou. 2014, Introduction).

5 – Nos relations humaines sont déterminantes

« L’importance des relations humaines apparaît toujours déterminante pour mesurer le bonheur d’un individu » (Wiking. 2017, 98). Pensez alors aux vôtres : amitié, amour et famille. Vos relations sont-elles positives ou vous grugent-elles votre vitalité? Les relations qui permettent de se rassembler en étant soi-même dans un contexte détendu, informel, égalitaire et sans drame sont incontestablement primordiales au bonheur. Toutes les récentes études le prouvent. Elles permettent de donner un moment de répit à chacun dans un monde stressant. Elles collaborent à notre équilibre.

 
6 – Susciter les moments de bonheur et de détente

Vous souvenez-vous d’une journée qui a été un massacre, mais dont vous et vos amis en parlez encore aujourd’hui en riant? C’est un mélange de forte complicité, de fous-rires et de simplicité. Ça aussi, c’est du bonheur.  Ces moments de nostalgie qui sont créés sont précieux.

Comme lorsque vous et vos amies êtes tombées à l’eau toutes habillées en voulant marcher sur des roches pour traverser une rivière! Le pique-nique avait alors pris une douche et en mangeant les sandwichs mouillés, vous avez ri comme jamais.

7 – Changer ses priorités et ses valeurs

Selon les études, seulement 10% du bonheur provient du type d’emploi, du statut social, de l’argent, du luxe et de la consommation. Malgré ce fait, nous continuons à miser une grande partie de nos efforts sur ce 10%.

Il ne faut pas non plus se leurrer, c’est un bonheur de consommer et c’est ce qui est valorisé, alors j’ai longtemps suivi la masse. Maintenant, avons-nous besoin de consommer autant? Ce n’est bon ni pour le portefeuille, ni pour l’encombrement de la maison, ni pour l’environnement, ni pour la paix psychologie (dettes). C’est une réflexion qui demande que l’on s’arrête pour établir les priorités dans notre vie.

N’oublions pas que notre bonheur est déterminé à 40% par nos actions, nos intentions, nos choix et notre volonté. Ainsi, après un long cheminement et des petits changements effectués pas à pas, je mise sur ce qui a statistiquement le plus de chance de me rendre heureuse. J’ai modifié mes choix, j’ai défini mes intentions et j’ai pris des actions concrètes. Même si j’ai encore du chemin à faire, c’est très encourageant!

8 – Vous rapprocher de la nature

Il a été prouvé que les gens qui sont près de la nature sont plus heureux. Elle nous aide à ralentir, à prendre conscience de sa grandeur et de sa beauté. Il y a moins de stimulus et de bruits et la nature apaise nos cinq sens. La santé publique et les recherches ont prouvé que les espaces verts et la forêt diminuent les problèmes respiratoires, les migraines, le stress, les troubles anxieux et la dépression. De plus, la nature améliore l’attention, la créativité et notre humeur (La Presse. 2016).

9 – Se reconnecter avec ses talents

« Quant à ce qui donne du sens à la vie, il me semblait à présent que c’était de savoir donner le meilleur de soi en se servant de ses qualités profondes, celles qui fondent notre véritable identité. Être bon dans ce qu’on fait et être bon avec les autres. Certains pourraient objecter qu’ils ne sont bons à rien. Qu’ils sont même mauvais en tout. J’avais maintenant la conviction que ceux qui pensent ainsi ont simplement trop de toxines dans le mental. La bonne nouvelle, c’est qu’il est tout à fait possible de détoxifier son esprit pour que se révèle son potentiel de développement. Tout le monde possède des qualités propres. Il suffit de les identifier, puis de les faire prospérer ». (Giordano. 2017, 149). »

10 – Modifier les modèles affectifs et relationnels appris durant l’enfance

C’est ce qu’on appelle faire du ménage intérieur (Giordano. 2017, 61). Parfois, certains modèles de l’enfance sont néfastes à l’atteinte de nos rêves et ce, sans que l’on s’en rende compte. Nous pouvons tous changer même si souvent, c’est plus facile avec une personne extérieure pour mieux nous guider.

« La vie, c’est comme une montgolfière. Pour aller plus haut, il faut savoir se délester et jeter par-dessus bord tout ce qui empêche de nous élever » (Giordano. 2017, 61).

11 – Éviter l’autosabotage, les pensées négatives et les excuses

Quand on a un emploi qui nous ressemble peu, des amies avec qui on ne peut pas être nous-mêmes, que l’on élève ses enfants selon un modèle qui ne nous convient pas, etc. c’est cela, l‘autosabotage de notre bonheur et de notre vie. C’est donc faire des choix qui sont à l’opposé de ce que l’on désire ou de nos valeurs profondes.

Les pensées négatives que je me suis longtemps répétées étaient aussi en cause. Je ne me rendais même pas compte que j’en avais. Mon usine à penser me répétait sans cesse : « Si je n’y arrive pas, la vie est bien dure, je suis toujours en train de rusher, rien de fonctionne, etc».

« Votre mental vous joue des mauvais tours. Il vous raconte des histoires et vous finissez par les croire [..] c’est dans votre tête que le problème a pris trop de place » (Giordano. 2017, 110). J’ai cessé de me plaindre et de vouloir me faire plaindre et je me suis fait moi-même la chirurgienne plastique de mon cerveau et de mes pensées.

« La reprogrammation mentale demande ténacité et efforts. Sans parler de la vigilance. Car l’esprit a tôt fait de retrouver ses vieilles mauvaises habitudes » (Giordano. 2017, 152).

12 – Liberté

«Faire ce que tu aimes, c’est la liberté ; aimer ce que tu fais, c’est le bonheur» (Giordano. 2017, 147). Être libre a nécessité des transformations de ma façon de penser. J’ai dû apprendre à sortir du moule et j’ai dû m‘auto-éduquer en lisant des livres du librorum prohibitorum (livres interdits à la population par l’église au 16e siècle). Bon, j’exagère un peu, mais il est vrai que l’éducation classique nous enferme dans un cadre généralement répandu et admis. Si bien, qu’on ne se rend même pas compte qu’il y a d’autres options. C’est seulement après avoir lu plusieurs blogues, livres et suite à des discussions avec des gens qui ne font pas comme tout le monde que j’ai découvert ces autres possibilités.

« La liberté est préférable à être riche et avoir un emploi du temps infernal » (Roland. 2016, 14).

13 – Être trop exigeant et avoir des attentes élevées

Mes exigences envers moi-même et envers les autres étaient très élevées. Avec le temps, j’ai appris à être plus souple avec moi et avec les autres. La perfection n’est pas de ce monde comme on dit.

« J’évite de vivre dans une attente fébrile et exigeante de la réalisation de ce que  je veux , sous prétexte que j’en ai besoin ou que je le mérite. Rien ne saurait justifier de telles attentes envers la vie, comme si nos souhaits; nous étaient dus »
(Ima. 2016, 66).

Rénover sa vie permet d’être plus heureux, détendu et en paix
Être plus connecté et plus authentique avec soi
Le chemin est long à parcourir
Mais il en vaut largement la peine

 

BIBLIOGRAPHIE

Castel, France. 2016. « Ici et maintenant ». Les Éditions La Presse, 208 p.

Giordano, Raphaëlle. 2017. « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une ». Éditions Édito, 264.

Happy. 2011. « Happy ». Documentaire. En ligne. http://www.thehappymovie.com/. Consulté le 18 décembre 2017.

Harris. Russ. 2007.« Le piège du bonheur. Créez la vie que vous voulez ». Les éditions de l’homme, 262 p.

Ima. 2016. « Merci la vie # liberté # gratitude #amour # joie # pardon ». Éditions Edilo, 191 p.

La Presse. 2016. « Prendre un bain de forêt ». Publié le 10 mai 2016. En ligne. http://plus.lapresse.ca/screens/d4ee21dd-71b0-4b90-9afe-7cff28068425__7C__TO9eZ-tEA9a4.html. Consulté le 5 février 2018.

Marilou. 2014. « Trois fois par jour – Premier tome ». Les Éditions Cardinal, 249 p.

Revkin. Andrew C. 2005. « A new measure of well-being from a happy little kingdom ». The New York Times. En ligne. http://www.nytimes.com/2005/10/04/science/a-new-measure-of-wellbeingfrom-a-happy-little-kingdom.html. Consulté le 18 décembre 2017.

Roland, Olivier. 2016. « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études – Comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système ». Éditions Alisio, 517 p.

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