Heureux au travail : quand ton bonheur est ailleurs

La première question que l’on pose à un étranger : « Qu’est-ce que tu fais dans la vie?» Et de là, nous formons toute une perception sur la personne. Comme si le travail définissait l’entièreté de notre être! Le travail, qu’on se le dise, a une très grande importance pour plusieurs : il nous définit, il nous permet de se réaliser, il prend la majorité de notre temps disponible, il nous procure une certaine position sociale et il nous permet de vivre. Plus jeune, je recherchais une job qui flash et qui me dore l’image un peu.

Pourquoi mettre des étiquettes sur les gens, sur leur travail ou sur leur style de vie? La seule étiquette que je veux aujourd’hui c’est celle qui me remémore d’être heureuse quand je me regarde dans le miroir!

Quête de sens professionnel

Yvon Deschamps disait : « Quelle est la première chose que veut un Canayien français?» Sa réponse : « Un char ». J’ai trouvé ça drôle! Si c’est la première, et bien je dirais que la deuxième chose, c’est de se trouver une bonne job comme une job au gouvernement ou dans une grande compagnie. Pourquoi ces entreprises en particulier? Pour les bonnes conditions : des congés maladie, un meilleur salaire, une bonne dose de vacances, des assurances (salaire, dentaire, invalidité, médicaments), la sécurité d’emploi, des horaires flexibles, un fonds de pension, alouette!

J’ai peut-être l’air de conduire un vélo pas de mains sur le guidon en sens inverse de l’autoroute mais aujourd’hui, je réalise que dédier presque tout mon temps (5 jours sur 7) à un emploi pour des conditions et un salaire, ça me déprimait 200 jours par année.

Choix de carrière à 16 ans

Au secondaire, je me souviens avoir complété des questionnaires un peu tata qui nous donnaient des résultats : vous êtes de type entrepreneur, social, artistique, etc. Des professions étaient suggérées. Les miennes étaient : directrice artistique, professeure de musique, musicienne, productrice cinématographique, technicienne en administration et infirmière. J’ai finalement choisi la technique administrative parce que j’avais de fortes chances de me trouver une bonne job. Ce n’était pas parce que je trouvais ça attrayant. À 16 ans, j’étais loin d’être une passionnée de l’administration, des chiffriers Excel ou de la comptabilité.

Quels sont les motifs qui nous poussent à choisir une carrière à 16 ans, âge où je me connaissais à peine?!? On peut choisir des études dans un domaine parce qu’on est compétent là-dedans. Moi, j’ai toujours été très bonne avec les enfants, mais je ne voudrais pas être éducatrice ni professeure. J’aimais me sentir utile et j’étais sociable, mais pas question d’être infirmière avec mon côté un peu hypocondriaque.

En bref, c’est un coup de dé choisir sa formation pour le reste de sa vie quand on n’a que 16 ou 18 ans. Et une fois rendu à 30-40-50 ans, c’est dur de retourner aux études même si ça se fait!

Quand le travail est un poids trop lourd à porter

Quand j’arrivais le soir chez moi, j’étais complètement épuisée. Au bureau, j’étais quelqu’un d’autre : méthodique, organisée, efficace et je contrôlais tout. Je me contraignais à être taillée au couteau, ce qui était nécessaire pour bien performer selon moi. Je me demandais toujours plus.

Toutefois, au fond de moi, je suis une personne qui aime la liberté, la création, le rêve, l’esthétisme, la réflexion et prendre le temps. J’aime partir dans 50 directions et revenir sur chacune selon l’inspiration. J’aime sortir du cadre.

J’étais toujours à contre-courant de moi-même et donc épuisée. Pourtant, je voulais tellement être cette personne organisée, méthodique et efficace comme on voit dans les films. Mais cette femme-là, ce n’était pas moi et je ne m’en rendais même pas compte.

On change, on mature, on évolue

Assurément et heureusement, je ne suis pas la même personne que j’étais à 16 ans. Pourtant, c’est vers cet âge que nous décidons de notre choix de carrière.

Dans la vingtaine, c’était plus facile de travailler à fond de train : pas d’enfant, l’horaire flexible, la tête pleine d’idées et pas trop remplie de mille et une tâches. Par contre, dans la trentaine, mon choix a commencé à peser un peu. Je me posais des questions sur l’intérêt de mon travail et son apport au bien-être collectif. Certains parlent de la crise de la trentaine : choc de la réalité professionnelle avec ses aspirations de jeunesse.

Maintenant, à l’aube de mes 40 ans, je sors de l’autoroute où tout le monde roule à toute allure et je prends un nouveau virage. J’ai fait le point sur ma vie et je désire un travail qui me permet de me réaliser, d’utiliser ma créativité, d’être présente pour ma fille (horaire très flexible), de faire du bien aux gens et d’être utile même si le salaire est moins élevé.

Changer d’emploi

Cela fait des années que j’y pense mais le courage, les idées et l’énergie me manquent. C’est aujourd’hui que ça change.

1 – Je ne veux pas d’un seul travail, j’en veux plusieurs! 

J’ai toujours pensé que le travail était monogame, jaloux et possessif. Pour moi, les gens qui cumulaient plusieurs jobs ne le faisaient que par obligation pour joindre les deux bouts. Quand tu choisis un emploi, tu deviens professeur, policier, ambulancier, gérant, secrétaire, directeur, that’s it! Ben voyons!

Suite à une longue réflexion, j’ai remarqué que je désirais plutôt accomplir des tâches différentes et même contraires : debout, assise, en solitaire, en équipe, être avec les animaux ou travailler sur ordinateur. Pas facile de trouver un seul emploi qui répond à tout cela. J’ai cumulé alors deux emplois à temps partiel.

En plus, j’ai différents goûts, diverses expériences de travail et qualités. Pourquoi se restreindre à une seule activité professionnelle?

2 – Le travail n’a pas à être une corvée

J’ai besoin d’aimer ce que je fais et me sentir utile. C’est ce qui ressort le plus de ma réflexion. Je n’ai pas la tête dans les nuages. Je sais bien que ce n’est pas toujours rose bonbon à tous les jours de travailler.

Dans ma tête d’avant, le travail était synonyme de plusieurs qualificatifs : c’est plate, je bûche, je suis préoccupée, fatiguée ou je me tue à la tâche… le Moyen Âge quoi! Je ne sais pas où j’ai pris ça! Se pousser à faire des choses par sacrifice ou par devoir tout le temps. Yeurk!

 

Quand ton bonheur réside dans l’attente d’une journée, le vendredi et que tu déprimes à l’approche du lundi … C’est le temps de passer à l’action!

 

J’ai décidé de changer mon propre sort et d’encourager les gens malheureux au travail à changer de carrière même si c’est stressant et insécurisant. C’est une période qui passe et nécessaire à les tous changements. Tout le monde devrait pouvoir exercer un métier qu’il aime et ce, peu importe l’emploi. Il n’y a pas de travail parfait, mais il y a mieux.

3 – Faire des essais et « erreurs »

J’ai compris que je devais faire des essais et des « erreurs » avant de trouver ma voie. Le métier que je recherchais, je devais le dénicher. Aussi, je ne devais pas avoir peur de changer d’emploi et ce, peu importe mon âge. Quelques exemples :

  • Avant d’être humoriste, François Bellefeuille avait complété un doctorat pour devenir vétérinaire;
    • « J’ai étudié en médecine vétérinaire, ça faisait plaisir à ma mère, j’aimais les animaux […] mais l’appel de l’humour, un vieux rêve, était trop fort » (La Presse. 2010 : En ligne).
  • À ses débuts, France Castel a été secrétaire-comptable. « Je m’ennuyais à mort […] Pendant un an, j’ai dû retourner m’ennuyer dans un bureau. J’ai même acheté un dépanneur avec un de mes beaux-frères » (Castel. 2016, 51-53).
  • Avant d’être blogueuse et chef cuisinière, Marilou a été chanteuse :
    • « Après plus de 13 ans à travailler dans le monde de la musique, j’ai commencé à accepter que le sentiment d’épanouissement que j’attendais de ce domaine n’allait jamais venir, mais je continuais […] c’est ce que les gens attendaient de moi et je leur accordais énormément d’importance. [Au] printemps 2013 j’ai complètement lâché prise et décidé de créer le métier de mes rêves. (Marilou. 2014, Introduction). »
  • Avant d’être humoriste, Martin Matte avait complété un BAC en administration. Il travaillera quatre ans pour l’entreprise paternelle avant d’entrer à l’école de l’humour (Facebook Martin Matte. 2017 : En ligne).

Personnellement, je suis retournée aux études et j’ai enrichi mes expériences professionnelles. Certaines me plaisent, d’autres nécessitent des réajustements et quelques unes sont carrément à mettre dans le gros bac vert. Toutefois, toutes ces expériences sont enrichissantes et nécessaires afin de trouver enfin la vie professionnelle qui me convient.

4 – Souvenirs d’enfance

Je savais que j’étais prête pour autre chose mais je ne savais même pas qu’est-ce que je voulais faire. Il y a des personnes qui aiment un métier bien spécifique et vont s’y consacrer toute leur vie comme Guylaine Tremblay qui a étudié l’art dramatique et qui a toujours été actrice. J’aurais tellement aimé ça savoir dès mon jeune âge ce que je voulais faire. Mais, bon, ce n’est pas grave. Je vais trouver autrement.

En fait, un des bons filons à suivre fut de me rappeler ce que j’aimais faire quand j’étais petite. Moi, j’enseignais à mes toutous, je faisais des entrevues radio où je m’enregistrais, j’imaginais des scénarios de films, j’écrivais beaucoup dans un journal, j’écoutais énormément de musique, etc. Ça m’a aidé à me trouver des pistes.

5 – Sortir des sentiers battus

Avoir un travail que j’aime peut exiger que je trace un nouveau chemin. Moi, j’ai toujours eu un travail sécurisant, encadré et méthodique. Ça change la dynamique d’avoir un travail qui me permet d’être plus libre et artistique.

J’ai élaboré des recherches pour trouver des idées différentes. J’ai découvert des nouveaux modèles professionnels et ça m’encourage :

  • Ceux que l’on appelle les millennials qui voyagent plutôt que d’acheter une maison, sont hypercréatifs, fuient la vie de bureau, valorisent les expériences plutôt que la possession d’objets, « qui pensent que la vie a autre chose à offrir que «passe ton diplôme et fais du métro-boulot-dodo pendant quarante ans, avant de pouvoir enfin profiter de la vie » (Le temps. 2018 : En ligne).
  • L’émission Ensemble sur MATv qui promeut les entreprises basées sur le modèle coopératif où l’on encourage l’implication, l’entraide, la force d’une équipe plutôt que le travail individuel, l’échange, la conciliation travail/famille, etc.
  • Se lancer en affaires : pour moi, après réflexion, c’est un choix intéressant : j’administre mes affaires personnelles en plus de m’occuper de ma propre publicité. Je me sers de mes compétences et de ma formation pour mon bénéfice personnel (Réseau des Mères en affaires)
  • Je me suis abonnée à de nouveaux blogues et je découvre de nouveaux services intéressants. Ça me donne des idées.
  • Des nouvelles entreprises dynamiques avec des valeurs plus en lien avec les miennes se multiplient dans le quartier Limoilou. Je leur rends visite et ça m’inspire.

6 – Les autres peuvent bien dire ce qu’ils veulent

Quand quelqu’un sort un peu des conventions, ça fait réagir. Particulièrement sur le sujet de l’emploi. Vos proches peuvent vous décourager ou ne pas comprendre votre décision. Ils peuvent penser et dire que vous êtes fou de laisser un travail « parfait » à LEURS YEUX. Dans ce cas, restez confiante, déterminée et forte. Ces gens ne comprennent pas ce que vous vivez et ne sont pas dans vos souliers. C’est votre vie et avez le droit au bonheur professionnel.

7 – Le travail et la personne sont deux éléments distinctifs

Si ça ne fonctionne pas avec votre travail actuel, il ne faut pas non plus réduire la personne que vous êtes qu’à un travail. « Ce n’est pas parce que votre prestation ne convienne pas que votre personne entière ne fait pas l’affaire » (Psychologie. 2017 : En ligne). Essayer autre chose, cet emploi n’est peut-être simplement pas fait pour vous.

«Précepte de saint Augustin : juger un homme par sa position sociale est une faute. Nous devons nous rappeler que nous étions des individus de valeur avant de commencer à travailler et que nous le serons encore bien après avoir cessé de le faire»
(Psychologie. 2017 : En ligne).

8 – Ma formation et mon expérience de travail n’ont pas à définir mon choix de carrière toute ma vie

Les emplois reliés à ma formation en administration m’ennuient et ceux en lien avec ma formation en communication ne conviennent pas à ma situation familiale (horaires de soir et de fin de semaine exigent beaucoup d’heures de travail). Je cherche de nouveaux emplois, mais mon expérience et ma formation sont dans un domaine dans lequel je ne veux plus œuvrer. Quoi faire?

  • Faire des recherches d’emploi qui m’intéressaient (en faisant fi des exigences de formation et d’expérience) ;
  • Contacter les employeurs potentiels et discuter avec eux de mon offre, mes compétences et ma personnalité. Vous pourriez être surpris de leur ouverture. Des formations peuvent être suivies. Évidemment, postuler pour un poste d’ingénieure chimique sans formation … problème de sécurité nationale en vue.
  • Faire un plan de changement de carrière : en parler à son conjoint, sa famille, son conseiller financier.

Les employeurs peinent à trouver du bon personnel. Montrez-leur que vous êtes l’un d’eux et que vous êtes prêt à apprendre. Il y en a un qui sera intéressé à vous mettre au défi.

« C’est à la cuisine que j’ai eu envie d’offrir toute la place qu’elle méritait dans ma vie, sans trop savoir comment j’allais y parvenir puisque je n’avais aucune formation professionnelle dans le domaine. Tout ce que je possédais, c’est une passion astronomique ».
(Marilou. 2014, Introduction)

9 – Authenticité

L’une des difficultés du choix de carrière fut que je désirais trouver un emploi pour épater la galerie : ma famille, mes amis, mes connaissances. Une carrière dont je serais fière … aux yeux des autres. Quelle erreur! Aujourd’hui, je veux trouver un emploi en lien avec ma personnalité, mes qualités, mes défauts et mes compétences.

Il peut être profitable de prendre un moment d’arrêt afin de se questionner : quels sont mes besoins, identifier ses frustrations, quels sont les avantages et inconvénients du poste occupé et faire « un bilan de compétences peut s’avérer utile pour transformer ses rêves en objectifs réalistes » (Psychologie. 2017 : En ligne).

Parfois, une consultation est nécessaire afin de valider nos choix : pourquoi je choisis un type d’emploi et pourquoi j’en rejette d’autres. Il y a peut-être des difficultés en lien avec l’estime de soi, la motivation, le besoin de sécurité, etc.

Conclusion

« Avec l’espérance de vie qui atteint désormais 80 ans, même à 49 ou 50 ans, on peut très bien envisager de travailler encore 20 bonnes années. Ça vaut donc le coup de changer » (L’Actualité. En ligne). Je prends un risque. Celui de la sécurité et du confort pour le bonheur et la réalisation de mes rêves.


Rénover sa vie professionnelle, ça peut prendre du temps
mais c’est une belle aventure qui démarre maintenant!

 

BIBLIOGRAPHIE

Ensemble. 2017-2018. En ligne. http://matv.ca/quebec/mes-emissions/ensemble. Consulté le 16 janvier 2018.

Facebook Martin Matte. 2017.« Informations personnelles ». En ligne. https://m.facebook.com/martinmatte/about?refid=17. Consulté le 15 janvier 2018.

L’Actualité. 2007. « Nouvelle carrière, nouvelle vie! ». En ligne. http://lactualite.com/societe/2007/10/01/nouvelle-carriere-nouvelle-vie-2/. Consulté le 31 octobre 2017.

La Presse. 2010. « François Bellefeuille ». En ligne. http://www.lapresse.ca/arts/festivals/juste-pour-rire/201007/08/01-4296692-francois-bellefeuille.php. Consulté le 15 janvier 2018.

Le temps. 2018. « Les rebelles intelligents, c’est millenials qui fuient la vie de bureau ». En ligne. https://www.letemps.ch/societe/2018/01/05/rebelles-intelligents-millennials-fuient-vie-bureau?utm_content=bufferf29c1&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer. Consulté le 16 janvier 2018.

Marilou. 2014. « Trois fois par jour – Premier tome ». Les Éditions Cardinal, 249 p.

Psychologie. 2017. « Faut-il aimer son travail pour être heureux ». En ligne. http://www.psychologies.com/Travail/S-epanouir-au-travail/Aimer-son-travail/Articles-et-Dossiers/Faut-il-aimer-son-travail-pour-etre-heureux/4Prendre-de-la-distance. Consulté le 23 janvier 2017.

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